mardi, juillet 28, 2009

Sangumang le Roi (raconté par Arneld Nadjir)


Sangumang, Sangumang, Sangumang,
Vous le fils du Grand Roi.
L’unique conçu seulement d’une mère
Vous seul, Sangumang, le roi savant
Votre sagesse est votre grande richesse
Votre trésor fait de vous le roi aux disciples fidèles et de bon cœur.

Pang Awi, l’un d’entre eux, a reçu votre ordre, un jour.
Vous l’avez envoyé chercher la tête d’un cerf qui était accrochée sur un bout de bois planté dans une terre, sur une route, au milieu de la forêt.
Pang Awi le fidèle marchait en grande forme, tôt le matin, pendant que le soleil, somnolent, se levait; il avançait en forçant ses pas au milieu de la route inondée par la rivière.
L’eau montait, forte, forte ; elle couvrait la tête de cerf en laissant transparaître quand même un signe de sa présence sur le fond: un reflet à la surface de l’eau.

Arrivé sur place, Pang Awi a vu ce reflet à la surface de l’eau amenée par l’inondation.
Pang Awi, Pang Awi, Pang Awi…
Il a pris dans ses mains le reflet, sans se rendre compte qu’on faite c’était du bois qu’il tirait
Il y mettait toute sa force, son âme, son cœur, quand il tirait sur ce bout de malheur.
Matin, midi et soir
Le soleil se couchait déjà, et vite la nuit le serrait dans ses bras.

Putir Busu, la fille de Pang Awi, inquiète pour son père
qui ne rentre pas encore à l’horaire habituel
S’est présenté devant vous, Sangumang ; Putir Busu, la fille de Pang Awi, a amené sa tristesse et son inquiétude au sujet de son père.
Décision prise. Sangumang, vous, fils du Roi Suprème, roi sage et savant, vous êtes partis à sa recherche ; à la recherche de votre disciple, Pang Awi le fidel.

Arrivé sur place, trop de tristesse en voyant Pang Awi, sous - et sur - l’eau à forcer, en essayant de toute sorte d’extraire le bous de bois au milieu la route inondée.
Pang Awi, cher Pang Awi, qu’est-ce que tu fais mon cher disciple ?
Vous lui avez demandé, vous Sangumang, le grand roi fils du Roi Suprême, avec une douceur d’âme qui sortait du fond de votre cœur.
Oh mon roi, le sage et le savant, je vois le reflet de tête de cerf dans l’eau
Mais je n’arrive pas encore à sortir le morceau du courant,
Vous a répondu Pang Awi, tout déçu et vidé de son espoir.




Sangumang, le sage et le savant
La tristesse plongée au fond de votre cœur a blessé votre âme
En voyant le grand malentendu devant vos yeux,
Une tristesse qui brûle et qui grandit la flamme de la rage,
Car Pang Awi, votre cher Pang Awi, votre fidèle disciple, vous a sorti toute votre impatience, et vous Sangumang, vous avez sorti la bêtise de sa tête.

D’un grand coup… pang !!! Votre main s’est envolée sur la tête de votre cher fidèle avec une grande claque.
Une claque très forte due à la rage de votre cœur plein d’amour, une claque puissante, due à l’impuissance aveugle de votre cher fidèle
Butob ureng kahaen sakalan, la grosse pierre de l'idiotie est sortie de sa tête la tête de Pang Awi ; elle a sauté, grâce à la force de votre puissante claque, sage et savant Sangumang.
Butob ureng kahaen sakalan a quitté la tête de Pang Awi
La pierre sortie
Pang Awi s’est réveillé d’un seul coup ; dans sa tête libre, il ne reste que la sagesse et le savoir
Sans la pierre de l'idiotie dedans, maintenant.

Sangumang, Sangumang, Sangumang …
Mon cher Sangumang, vous le roi de la sagesse je vous remercie mille fois de votre claque de liberté
Grâce à votre amour, Butob ureng kahaen sakalan n’est plus la ; et je vois clair maintenant
Je vois, je tirais le bout bois au lieu de la tête d’un cerf.
Sangumang, Sangumang, Sangumang,
C’est vous le grand roi,
le sage…
le savant…
Pang Awi se plie à vos genoux
Plein de joie et de fierté.


* Pang Awi: Raccourci du Yapang Awi : Pere/Monsieur Awi
* Butob ureng kahaen sakalan : l'idiotie, dur comme la pierre, grand comme la planche en bois